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Histoire de l'Astrologie

Notions historiques

L'origine de l'astrologie se perd dans la nuit des temps. L'homme s'est en effet toujours intéressé aux phénomènes célestes, observant le ciel et découvrant peu à peu l'ordre de l'univers. Chaque être du règne végétal, minéral, animal et hominal est à sa place et remplit une fonction bien précise dans la cosmogonie.

L'astrologie daterait de l'époque protohistorique, après la préhistoire. Serge Hutin, dans son livre "Histoire de l'astrologie", écrit :

"Il semble que les tout premiers zodiaques établis par diverses cultures antiques laissent supposer la connaissance par celles-ci d'une époque lointaine qui se situerait (d'après les estimations les plus probables) 26 000 années avant l'ère chrétienne : c'est en effet à cette époque protohistorique que les noms des signes auraient porté le même nom que les constellations qui leur faisaient exactement vis-à-vis."

Des documents sérieux attestent de l'utilisation de l'astrologie chez les Chaldéens, deux à trois millénaires avant Jésus-Christ. On en retrouve également des traces dans la civilisation Sumérienne, au cinquième millénaire avant l'ère chrétienne.

René Berthelot, dans son étude intitulée "La pensée de l'Asie et l'astrobiologie", indique :

"Une tablette ninivite du XIIe siècle avant J.-C. signale déjà la marche errante des planètes, leurs stations et leurs rétrogradations, afin de les situer dans le zodiaque."

L'astrologie s'est développée en Babylonie, en Égypte. En Assyrie et en Chaldée, on retrouve dans les villes un poste d'observation, servant également de sanctuaire, où officiait celui qui était à la fois astrologue, savant et prêtre. Ces trois fonctions étaient indissociables. Il était d'usage d'honorer le ciel avant de le décrypter. Astronomie et astrologie étaient assemblées : il fallait étudier objectivement le ciel avant d'en tirer des interprétations plus subjectives sur les êtres humains.

Du berceau chaldéen, l'astrologie se répand en Perse, en Chine, aux Indes, en Arabie, en Égypte, en Grèce. C'est dans ce dernier pays qu'elle s'établit solidement. Les grands philosophes grecques ressentaient les hommes comme solidaires et interdépendants de l'univers. Dans pareille atmosphère, l'astrologie s' implanta sans difficulté. Tandis qu'elle se focalisait auparavant sur les souverains et les événements d'envergure, l'astrologie individuelle commença alors à se développer.

Les grands penseurs ne sous-estimaient pas l'interaction entre les forces cosmiques et l'être humain. Homère déclara que la nature de l'homme reflétait celle du ciel. Aristote, quant à lui, pensait que le monde d'en bas était nécessairement lié aux mouvements du monde d'en haut.

L'astrologie tente de s'implanter dans l'occident chrétien au XIIe siècle mais se heurte à l'Église, qui craint que ses dogmes ne s'effondrent face aux paradigmes astrologiques. Si les astres nous gouvernent, où résiderait notre liberté ? Ils ignoraient alors que les mouvements célestes sont comme les doigts de la «main de Dieu» : ils n'en sont pas distincts !

Saint-Thomas harmonise alors la connaissance astrale et la religion chrétienne. Il écrit dans son traité de la Création :

"Les corps célestes exercent par eux-mêmes une influence directe sur les corps inférieurs, mais ils n'exercent qu'une influence indirecte et accidentelle sur les puissances de l'âme... d'une manière indirecte et accidentelle, les impressions des corps célestes peuvent avoir quelque action sur notre intellect et notre volonté, dans ce sens que l'intellect et la volonté subissent quelque influence de la part des forces inférieures, c'est-à-dire des forces attachées aux organes corporels... La plupart des hommes se laissent entraîner par leurs passions, qui naissent de l'impulsion de l'appétit sensitif, et sur lesquelles peuvent influer, par conséquent, les corps célestes; il est peu de sages qui se montrent capables de résister à ces passions. C'est pour cela que les astrologues peuvent souvent tomber juste dans leurs prédictions, surtout quand ils parlent en général; car l'erreur est bien plus à craindre quand ils veulent particulariser, puisque rien n'empêche qu'un homme ne résiste à ses passions par le moyen de son libre arbitre. Et de là vient cette parole des astrologues eux-mêmes: sapiens homo dominatur astris, ce qui veut dire que le sage règne sur ses propres passions. On peut dire, en somme, que l'homme sage domine son étoile, et que l'ignorant est dominé par elle."

Saint-Thomas d'Aquin réconcilie donc l'Église et l'astrologie, qui se répand alors. Les papes, princes et savants en deviennent de fervents adeptes. Au XIIIe siècle, à l'école de médecine de Bologne, l'une des plus réputées d'Europe, on entendait dire : 'Un doctorat sans astrologie est comme un œil qui ne peut pas voir.'

Au fil des siècles, l'astrologie connue plus ou moins de succès. En 139 avant JC, les astrologues furent chassés d'Italie. Entre 30 avant J.-C. et 100 après J.-C., l'astrologie réémegea puissamment. Du IIIe au Ve siècle, les astrologues sont exclus de la société. En 533, on édicte la peine de mort contre eux.

L'âge d'or de l'astrologie se situe dans la période de 1450 à 1650. De nombreux informations et almanachs furent publiées malgré l'interdiction qui sévissait alors sur les livres de magie et autres arts divinatoires, autant de disciplines auxquelles elle était désormais associée.

Lors de la création de l'Académie des Sciences (1666), Colbert exclut l'astrologie des arts officiellement reconnus. La pratique de l'astrologie devient prohibée. Le décret du 31 juillet 1682 interdit l'impression et la diffusion d'almanachs astrologiques. Dès 1710, on stoppe toute publication d'éphémérides astronomiques.

L'astrologie devient alors tabou. Elle se pratique encore dans des cercles fermés (les rose-croix et francs-maçons par exemple), malgré le fait qu'on la considérait comme pure superstition.

L'astrologie se pratique donc dans l'ombre pendant près de deux siècles. Elle ressurgit vers 1875. Alan Leo (1860-1917) fonda en 1896 "Modern Astrology", la première revue scientifique d'astrologie. En 1936 apparait dans une revue hebdomadaire américaine l'horoscope et la description des douze signes zodiacaux. En 1938 la Fédération des astrologues américains fût fondée. La France voit naître le Centre international d'astrologie en 1946.

Depuis lors, cette discipline ne cesse de se répandre et de se développer grâce notamment à de nombreux chercheurs. Malgré ces siècles d'ancienneté, quantité de vérités restent à découvrir. Les anciens astrologues par exemple ne tenaient compte que du Soleil, de la Lune et de cinq planètes (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne). A ce jour, les astrologues tiennent compte des informations d'Uranus, de Neptune et de Pluton, et travaillent à partir de dix astres. Il reste encore, en théorie, deux planètes à découvrir pour atteindre l'harmonisation entre les douze signes et les douze planètes. Plusieurs astrologues planchent actuellement sur le sujet !

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